Ton collaborateur te stresse (ou l’inverse) ? 4 clés pour comprendre et apaiser la situation

Quand ton collègue, ton manager ou ton associé devient une source de stress (ou l’inverse…)

Tu commences à bosser avec la meilleure des intentions et là… paf ! Comme si t’avais mis les deux pieds dans un tas de fumier bien frais… L’odeur du stress et de la tension te monte direct au nez.

Le stress monte, l’énervement suit, et tu sens que ta journée va être longue:

🔹 Il te pousse à bout avec ses remarques inutiles ?
🔹 Il te fout une pression monstre sur des détails sans importance ?
🔹 Il est perpétuellement angoissé, et son stress t’infecte comme le mildiou ?

Ou peut-être que… c’est toi qui le stresses sans le savoir 😬

Parce que, oui, le stress relationnel au travail, c’est souvent un effet miroir.
Tu crois que ton collègue est insupportable, mais lui aussi peut penser pareil de toi...

Alors, on fait quoi ?

Dans cet article, on va décortiquer ce phénomène, comprendre pourquoi le stress relationnel professionnel est une question compliquée… et voir comment vider les écuries du ressentiment avant d’en arriver à l’implosion ou l’explosion...


🚗 Le stress relationnel expliqué avec une Peugeot 306 (et 3 exemples concrets…)

Pourquoi une même situation peut stresser l’un et pas l’autre ?

Petit retour en arrière. Quand j’étais étudiant, j’avais une Peugeot 306. Un vrai tank increvable…

Le week-end, je rentrais à la campagne, et j’adorais prendre des chemins pas très carrossables. Ça ne me stressait pas du tout, j’avais l’habitude.

Mais mon ami sur le côté passager, lui ? Il était en PLS.
Accroché à la portière, crispé comme jamais, il voyait déjà le moment où on allait s’embourber ou perdre une roue. Normal, il venait de la ville…

Maintenant, inverse la situation.
Quand on revenait en ville et que c’était lui qui conduisait, je devenais une boule de nerfs.
Se garer en créneau dans une rue bondée ? L’angoisse totale ! Alors que lui c’était les doigts dans le nez 👍

Moralité ?
👉 Dans les 2 cas, on vivait exactement la même situation, mais nos perceptions du stress étaient opposées.

Et au travail, c’est pareil.
Une tâche, une mission, un problème qui semblent anodins pour toi peut être un enfer pour la personne avec qui tu bosses… et inversement…

Trois exemples concrets que j’ai eu en session rotofil:

  • Exemple 1 – L’entrepreneur et son associé

Un entrepreneur me disait :
« Mon associé me stresse à mort, il met trois plombes à prendre des décisions.« 

Mais en creusant, on a compris que leurs modes de fonctionnement étaient radicalement différents :

  • Lui, fonceur, voulait tester, expérimenter et avancer vite. Bref un partisan de la guerre éclair.
  • Son associé, stratège, préférait analyser et structurer avant d’agir.

Résultat ? Chacun stressait l’autre.
L’un voyait son associé comme un frein, l’autre comme un bourrin imprudent. Et pourtant, ces 2 profils là, s’ils arrivent à dépasser ça, peuvent faire des miracles.

  • Exemple 2 – La pression du manager de milieu d’année…

Une salariée me racontait que son manager était devenu hyper stressant sur un projet, alors qu’au début tout allait bien.

En creusant, on a compris que sa prime d’objectif était indexée sur ce projet clé. Et de surcroit, la direction lui avait mis un coup de stress. Il était en plein dans la position du manager paratonnerre qui décharge sur le bas…
Plus la deadline approchait, plus il mettait la pression à son équipe

  • Exemple 3 – Deux collègues, deux angoisses différentes

Deux collègues travaillaient bien ensemble… jusqu’à ce que certains dossiers créent des tensions.

  • L’une était très à l’aise avec les emails et l’informatique, mais détestait appeler les clients.
  • L’autre adorait le contact direct, mais paniquait devant une boîte mail pleine et de nombreuses étapes informatisées…

Quand un projet nécessitait plus d’informatique et distanciel, l’une stressait.
Quand il fallait plus d’appels clients, c’était l’autre qui paniquait.

Encore une fois : ce n’est pas la tâche qui est stressante, c’est la perception qu’on en a.


Comment apaiser la situation ? (4 clés essentielles)

Si ta relation avec un collègue ou collaborateur devient pesante, que tu ressors vidé(e) de chaque échange, et que ce stress relationnel te suit jusque dans ton sommeil, alors il est grand temps d’agir. Avant que ça ne dégénère en conflit ou en épuisement, voici 4 leviers pour comprendre, et reprendre, le contrôle de la relation professionnelle.

1. Identifier les différences de perception

Tu trouves que ton collègue dramatise et met une pression inutile ?
Lui trouve peut-être que tu es trop détendu et que tu ne prends pas assez au sérieux le dossier.

Pose-toi la question : est-ce la situation qui est réellement stressante, ou simplement une différence de fonctionnement entre vous ?

Peut-être que ton collègue panique parce que son manager lui met une pression monstre.
Peut-être que toi, tu ne ressens pas la même urgence… et c’est ça qui l’énerve.

Le stress est souvent une question de perception. Prends du recul avant de réagir au quart de tour.

Une autre chose à regarder, c’est la personnalité et le vécu.

Chaque personne a une sensibilité différente au stress, et ça, c’est lié à son histoire personnelle et à sa personnalité.

Prenons deux types de profils :

🔹 Le perfectionniste : lui, il va paniquer à l’idée de rater un détail.
Il va se mettre une pression de dingue, car dans sa tête, tout doit être carré.

🔹 Le fonceur : lui, au contraire, il va s’angoisser face aux lenteurs. « Mais qu’est-ce qu’ils foutent ? Pourquoi ça traîne autant ? »

Très souvent, l’histoire et le vécu de chacun, leurs petites manies inconscientes, viennent parasiter la relation pro. Résultat ? Deux personnes face à la même situation, mais pas du tout le même niveau de stress. L’un voit un simple dossier ou une simple tâche, l’autre un champ de mines. Bien-sûr il y a quand même des situations qui mettent le stress aux 2 (-: (mais c’est un autre sujet pour une autre article… l’empilement de stress….).


2. Mettre les choses à plat avec l’autre

🔹 Rien de pire qu’un malentendu non exprimé qui gangrène l’ambiance.
Si vous n’en parlez pas, chacun va ressasser dans son coin et les tensions vont s’accumuler.

« Tu me saoules avec ton stress. » ( Tu viens d’envenimer la situation…)
« Je vois que ce dossier te met la pression, comment on peut s’organiser pour éviter ça ? »

L’idée, ce n’est pas de faire copain-copain, mais de trouver un terrain d’entente pour que la collaboration soit fluide.

Une conversation franche peut parfois désamorcer une tension qui dure depuis des mois.

Cet échange peut mettre en lumière bien des choses:

  • Un contexte et enjeux différents

Un projet peut être anodin pour toi… mais crucial pour ton collègue.
Pourquoi ? Parce que vous n’avez pas les mêmes enjeux.

Exemple concret :
Tu travailles sur un dossier et tout te semble normal, tranquille.
Sauf que ton collaborateur, lui, il a son manager qui lui fout une pression monstre sur ce même dossier.

  • Jeux de pouvoir et pression sociale

Le stress est aussi un phénomène social.

Prenons le cas classique du collègue qui veut faire ses preuves.

  • Il est nouveau dans l’entreprise
  • Il est en période d’essai
  • Il veut monter en grade et impressionner son boss

Résultat ?
Il va se mettre la pression tout seul, et parfois, il va aussi te mettre la pression à toi.

  • L’état émotionnel du moment

Enfin, il y a le facteur humain.
On n’est pas des machines, et notre état émotionnel influence directement notre résistance au stress. Si ton collaborateur traverse une période difficile (divorce, deuil, souci perso…), il sera beaucoup plus sensible au stress. Et vice-versa…

Pour aller plus loin sur tout ça, n’hésite pas à voir cette vidéo:


3. Prendre du recul ensemble sur les vrais enjeux

On a trop souvent le nez dans le guidon, et on réagit comme si tout était vital. Mais honnêtement, posez-vous ces deux questions :

Est-ce que ce dossier mérite réellement autant de stress ?

Qu’est-ce qui « te met, le met ou met » sous pression exactement ?

🔹 Une deadline importante ? Ok, on ajuste l’organisation.
🔹 Une pression venue d’en haut ? Peut-être que ton collègue n’y est pour rien.
🔹 Une frustration accumulée sur plusieurs mois ? Peut-être que le problème vient d’ailleurs.

Des temps destinés uniquement à la relation et à la prise de hauteur (par exemple hebdomadaires) peuvent vraiment aider…


4. Essayer de ne pas tout prendre personnellement

Le stress de l’autre n’a pas toujours un lien avec toi.

🔹 Il/elle a peut-être des soucis perso (divorce, santé, problèmes financiers…).
🔹 Il/elle est peut-être en surcharge mentale, et son comportement est une réaction à un trop-plein.
🔹 Ou alors… c’est juste son mode de fonctionnement, et il/elle répète ce schéma avec tout le monde.

Moralité ?
Ne prends pas chaque remarque comme une attaque personnelle, sinon tu vas passer ta vie à t’épuiser pour des choses qui ne te concernent même pas. Et vice-versa…


Que faire si la relation stressante devient trop chronique?

Ici ça dépend des situations. Difficile de te faire un truc tout fait pour t’aider. Mais si les solutions ci-dessous n’ont pas fonctionnée. Je t’invite à devenir un pro des relations professionnelles. Cela te permettra de mettre les bons coups de tournevis pour améliorer la relation professionnelle.

Car en effet, il faut être réaliste, certaines relations et situations sont très compliquées voir irrécupérables. Cela va demander de monter en puissance…

Je t’en parle dans cette vidéo:

En général, quelques signes qui ne trompent pas :

❌ Il/elle sape ton énergie en permanence
❌ Il/elle te culpabilise ou joue les victimes
❌ Il/elle manipule ou ment pour avoir raison. Tu sens que ce bon vieux triangle de Karpman est en place…

(attention peut-être que tu fais ça inconsciemment aussi, comme vu au début ça peut être dans les 2 sens).

Dans ce cas, passe en DEFCON 2 (intervention d’un tiers, poser tes limites…) ou tu peux aussi envisager un changement d’environnement de travail si c’est possible…


Le mot de la fin

Le stress relationnel au boulot est quasi inévitable… mais il peut être géré intelligemment.
Avec un peu de recul, de communication et de stratégie, on peut souvent désamorcer les tensions et retrouver un environnement sain. Mais dans certains cas, tu devras aussi passer en DEFCON 2 et durcir ta position… voir changer d’air.

Dans tous les cas, il n’existe pas de solutions génériques… si tu veux échanger sur ta situation personnelle, c’est par ici:

Partage cet article si tu connais quelqu’un qui en a besoin !


Mon/ma collègue me stresse version chiante façon consultant en costard, PowerPoint et LinkedIn (pour les pressés qui scrollent direct ici):

« Optimisez votre gestion du stress au travail », « Améliorez votre performance et vos relations professionnelles », « la bienveillance », bla bla bla… Sauf que dans la vraie vie, quand ton collègue ou ton manager ou ton associé te pourrit la journée, t’as pas envie d’un énième discours sur la communication bienveillante. T’as envie de solutions concrètes, de bon sens et d’un peu de piquant. Alors si t’en as marre des conseils fades comme les tomates espagnoles, va lire l’article. Là, au moins, on parle vrai :
Pourquoi ton collègue te stresse (et pourquoi tu le stresses aussi)
Comment éviter que ça ne dégénère en guerre froide
Quand faut-il lâcher prise avec un collègue toxique ?
Et surtout… comment bosser sans y laisser tes plumes.

Tu veux aller plus loin sans bla-bla-bla ? On regarder en profondeur ta situation en toute authenticité.


FAQ Bon Sens Paysan : Le stress relationnel au boulot vu de la ferme

🐖 Mon/ma collègue me stresse, que faire ?
Tu vois ce cochon qui grogne dès qu’on approche ? Ben, c’est pareil. Soit tu trouves comment l’apprivoiser, soit tu le laisses grogner dans son coin et tu fais ta vie.

🐂 Comment gérer un manager qui met trop de pression ?
Un taureau excité, tu le calmes pas en l’attaquant de face. Prends du recul, respire, et trouve la faille pour le canaliser sans te faire encorner.

🐑 Mon associé ne comprend jamais mon stress, normal ?
Lui, c’est un mouton tranquille, toi un bouc nerveux. Vous voyez pas le même danger, mais ça veut pas dire qu’il a raison et que t’as tort… le loup dépend de nos lunettes… Sur une autre situation, les rôles peuvent vite être rebattues…